Un point sur l'été
Publié le 6 Septembre 2011
Comme vous avez pu le constater, l'été a été chaud à tous points de vue, mais la rentrée va l'être également.
La bande de Gaza a subi de nouveaux bombardements israéliens, qui ont causé une vingtaine de morts et de nombreux blessés, dont des enfants, tandis que la colonisation de la Cisjordanie se
poursuit sans relâche, de même que les arrestations et emprisonnements de très nombreux Palestiniens
(voir par exemple sur notre site les exactions israéliennes contre le Théâtre de la Liberté à Jénine).
Les dirigeants israéliens ne veulent pas de paix, et font tout pour entretenir un climat de violences et de provocations, permettant de détourner l'attention du nettoyage ethnique qui s'accélère,
de remettre en cause toute possibilité de réconciliation entre les différentes tendances politiques palestiniennes,
et de tenter de se soustraire aux mouvements sociaux qui se sont développés en Israël même.
Mais leur brutalité et leur impunité sont mises à l'épreuve.
Tout d'abord par résistance populaire palestinienne qui n'a pas baissé les bras, et continue à multiplier les mobilisations contre le mur, les annexions de terre et l'impossibilité croissante de
se rendre à Jérusalem Est.
Par la mobilisation du peuple égyptien, qui manifeste contre la collaboration israélo-égyptienne et fait savoir aux militaires encore en place après la chute de Moubarak, qu'il faut désormais
compter avec la volonté populaire : pour mettre fin à un ordre social économique et social en Egypte même, mais aussi vis-à-vis du peuple palestinien martyr.
Par les annonces récentes de la Turquie qui a rompu les relations diplomatiques avec Israël après son refus de faire des excuses pour l'assassinat des 9 passagers du Mavi Marmara le 31 mai
2010
Par les initiatives de la société civile internationale contre le blocus de Gaza et contre celui de la Cisjordanie.
NOUS BRISERONS LES BLOCUS
Israël a réussi cet été à faire faire par des gouvernements européens une partie du "sale boulot". Le gouvernement grec a bloqué dans ses ports les bateaux de la Flottille pour Gaza.
Plusieurs compagnies aériennes européennes ont accepté de bloquer dans des aéroports européens des centaines de participants de la mission "Bienvenue en Palestine", avec l'aval du gouvernement
français.
La plupart des gouvernements concernés, à commencer par le nôtre, n'ont pas élevé la moindre protestation contre l'arrestation et l'emprisonnement en Israël de 126 femmes, hommes et enfants, dont
le seul tort était de vouloir rendre visite à des associations et familles palestiniennes et de le déclarer en toute franchise à l'aéroport de Tel Aviv.
Mais, ce faisant, les uns et les autres ont perdu la bataille de l'image. Les médias du monde entier, y compris la plupart des médias israéliens, ont été choqués par cette atteinte à la
liberté de circulation contre des personnes parfaitement non violentes, et par le fait que les Palestiniens, prisonniers sur leurs terres, ne puissent même pas avoir le droit de recevoir des
visites. L'opinion publique mondiale a ainsi eu l'occasion de découvrir qu'un blocus était non seulement imposé aux Gazaouis, mais également à tous les autres Palestiniens interdits de
visites.
Loin d'avoir "cassé" un élan de solidarité, les gardiens de camps ont renforcé la détermination de celles et ceux qui sont décidés à faire valoir les droits de l'Homme et le droit
international.
Nous avons obligé les compagnies aériennes à rembourser les billets des passagers auxquelles elles avaient refusé l'embarquement, et de nombreuses plaintes ont été déposées pour l'ensemble des
préjudices subis.
Et nous sommes bien décidés à continuer à dénoncer activement les pratiques illégales et arbitraires de l'occupant israélien concernant le droit ou pas d'accéder à des territoires qui ne lui
appartiennent pas.
BDS MARQUE DES POINTS
La campagne de Boycott d'Israël s'amplifie dans le monde entier à tous les niveaux et avec succès ! Agrexco, la compagnie israélienne qui exporte les fruits et légumes de l'occupation est en
liquidation judiciaire. Veolia vient de perdre de nouveaux contrats. Les artistes sont de plus en plus nombreux à renoncer à se rendre en Israël. Les actions dénonçant les crimes de guerre
israéliens se multiplient sous de multiples formes. Ainsi, à Londres la semaine dernière, quelques dizaines de militants ont fait la "une" des médias britanniques en interrompant à plusieurs
reprises l'Orchestre philharmonique d'Israël venu donner un concert dans une salle prestigieuse.
Et en France, le 8 juillet dernier, la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de Paris a renvoyé dans les cordes le gouvernement français et les associations du lobby israélien qui
poursuivaient Olivia Zémor en justice pour avoir diffusé une vidéo d'une action de boycott dans un supermarché Carrefour. Les attendus de ce jugement rendus par un tribunal spécialisé dans le
droit de la presse et tout ce qui touche à la liberté d'expression ont été très explicites sur notre droit absolu, en tant que citoyens, à appeler au boycott d'un pays ou de ses produits, quand
notre conscience nous le dicte. Aucune incitation à la haine, ni antisémitisme dans ce genre de situation a conclu le tribunal en s'appuyant notamment sur l'histoire positive du boycott dans les
luttes d'émancipation des peuples.
D'autres procès BDS sont prévus dans les prochaines semaines, dont un à Bobigny le jeudi 20 octobre, un autre à Mulhouse le 17 novembre. On ne connait pas encore la date concernant celui de
Perpignan. Mais la mobilisation doit être au rendez-vous dans tous les cas.
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com